5 mars 2025

Retrouver le calme de la nature

Citoyens des villes populeuses, réalisez-vous à quel point la nature vous manque? Avez-vous déjà pu observer l’horizon du haut d’une colline? Aux sons des véhicules, des sirènes, du brouhaha des passants, que diriez-vous de troquer ceux des oiseaux virevoltant d’un arbre à l’autre?

Jusqu’à ce que mes souliers foulent les remparts de la magnifique cité médiévale de Provins, située à 77 km à vol d’oiseau du parvis de Notre-Dame, point zéro de toutes les routes de France, je n’avais pas réalisé à quel point le silence de la nature me manquait. L’eau qui coule, les oiseaux, la caresse du vent et du soleil. 

Installé au cœur de Paris depuis le 17 février, je profite de la proximité de tous les commerces essentiels pour nourrir le corps : épiceries, boulangeries, fruiteries, cavistes, et j’en passe. La Seine à quelques pas, des jardins pour lire au soleil, des bibliothèques pour travailler ou emprunter des livres. 

Nul besoin d’un véhicule pour se déplacer. Nos pas avalent les kilomètres, au rythme du promeneur. Tout y est. Sauf une chose : la nature.

Entre nos visites gratuites de musées d’art dimanche dernier (le musée Rodin et le musée Picasso – j’y reviendrai) et celle de cet après-midi (le Louvre), je sentais le besoin de voir l’horizon. 

Sans le savoir, Nathalie m’en a procuré l’occasion, en m’envoyant dimanche soir un article parlant de Provins. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2001, la ville est reconnue pour l’exceptionnelle préservation de son patrimoine architectural et urbain, illustrant l’organisation d’une ville marchande du Moyen Âge. Ses fortifications, ses édifices religieux et civils, ainsi que ses vestiges des grandes foires médiévales témoignent de l’importance économique et culturelle de la région à cette époque.

Comment y aller? Google Maps me donne la réponse :  la ville est à 88 km en voiture. Puis-je m’y rendre en train? Le site Île-de-France mobilités m’apprend que le Transilien P s’y rend à partir de la gare de l’Est, et que le tarif est de … 2,5 € !! Je n’en crois pas mes yeux. 

Eh oui, depuis le 1er janvier, en région Île-de-France, il n’y a plus que deux tarifs : 2,5 € pour un billet Train/RER/Métro et 2 € pour un billet Tram/Bus. J’entends Obélix « ils sont fous ces … »

Je monte dans le train à 8 h 46. Une heure vingt-trois plus tard, je débute la marche vers la ville haute (le Châtel).

Armé du Pass Provins, et du guide du visiteur, je remonte le temps pendant quelques heures.  

Je débute sur les remparts, accessibles à la Porte Saint-Jean. 


Je me dirige ensuite vers la Tour César, du haut de laquelle j’ai une vue à 360 degrés sur l’horizon. 


À sa sortie, j’emprunte la rue de la Pie et entre dans la collégiale Saint-Quiriace, une église du XII siècle où Jeanne d’Arc serait venue en 1429. La porte se referme avec fracas, provoquant un écho qui se propage dans l’édifice immense (plus grand que Notre-Dame!), qui n’a jamais été achevé.

Je poursuis dans les rues pavées, observant les  maisons à colombage. Je me retrouve à la porte de Jouy, et monte une fois de plus sur les remparts. Les oiseaux chantent, de rares véhicules passent sur la route qui serpente au travers des champs. Nous pourrions revenir ici et faire un pique-nique sur cette table située à l’extérieur des murs.


Peu de visiteurs déambulent dans les rue, la plupart des commerces de la ville haute sont fermés. Il ne s’agit toutefois pas d’un «Village Québécois d’Antan» comme à Drummondville. La plupart des maisons du Châtel hébergent des résidents. Le soleil brille et l’air est frais. Cette période basse de l’année s’avère parfaite pour découvrir du pays, en dehors des vacances estivales où la chaleur et la cohue règnent. 

À 14 h, j’entame le sprint final des visites, car je vise le train de 16 h 47. D’abord la Grange aux dîmes, qui semble anodine avant de descendre à la cave, avec des plafonds très hauts, où d’autres mises en scène illustrent la vie de l’époque médiévale.

Avant d’effectuer la visite guidée des Souterrains, de 15 h 30 à 16 h 30, je déambule vers la ville basse, croise les rivières Durteint et Voulzie (pour les gens du Québec, ce serait plutôt un ruisseau) et marche dans le magnifique Jardin Garnier


Un peu plus de six heures après mon arrivée, je retrouve un siège confortable dans le train. Le soleil baisse à l’horizon. Sur la majeure partie du trajet, je rédige ce billet dans le carnet Moleskine, laissant parfois mon esprit divaguer à la vue des champs. Peu à peu, les banlieues apparaissent, les édifices prennent de la hauteur.

À la descente du train en gare de l’Est, je marche à contre sens de la marée humaine des banlieusards qui entrent à la maison. 

Cette virée m’aura rappelé que je trouve l’équilibre près de l’eau et au contact de la nature. Et du coup, le plaisir des voyages en train qui permettent d’observer le paysage.


3 commentaires:

  1. Du coup, ce fut un plaisir de te lire et de visiter avec toi 😉 Manon L

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  2. C’est super de te lire. Ça fait voyager et ça donne envie de retourner flâner à Paris.

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  3. Danièle Fortin06/03/2025 23:43

    Wow impressionnant tout ça. Merci Cricri 😉 pour toute cette documentation. Un guide touristique que tu es 🤪

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