Bon lundi matin, lectrices et lecteurs de ce blogue. Je conserve l’habitude de rédiger ces billets à la bibliothèque Mazarine, située à l’Institut de France. Aujourd’hui, on m’a octroyé la place 63.
La semaine dernière, j’ai eu l’impression que le moral désertait le navire.
Pourquoi? Je ne ressens ni anxiété ni stress, il n’y a pas d’entretien de maison ou de terrain à faire. Le soleil brille tous les jours dans un ciel bleu à faire rêver. Est-ce l’attrait de la nouveauté et de l’excitation disparues? Ou encore les nouvelles de pis en pis provenant des États-Unis? Cette course au réarmement en Europe? Vers où s’en va-t-on?
Vendredi dernier, l’appel de la nature fut le plus fort. Lardy, à 38 km du point zéro des routes de France, au sud-ouest de Paris dans le département de l'Essonne. J’ai choisi une randonnée de 12 km sur Helloways.
La marche débute dans les rues étroites de Lardy, se poursuit dans un quartier résidentiel chic, avec de grands terrains. J’entre dans la forêt et le chemin s’élève pendant plusieurs minutes. Le cœur accélère, le souffle aussi, au fil des mètres gagnés. Le cerveau commence à sécréter sa bonne dope naturelle. L’humeur repart à la hausse.
Je me retrouve sur un plateau, avec l’horizon comme voisin. J’ai retiré mon manteau avant la montée. J’essaie de vider mon esprit de ces pensées de fin du monde. Ne comptent plus que les pas, l’un après l’autre sur ce chemin de terre au beau milieu des champs.
Le regard porte sur des kilomètres à la ronde. Pas de bruit de véhicules sur les routes. Je passe à gauche d’une ferme et bifurque vers la droite, où le chemin entame une descente. Je suis sur une portion du chemin de Compostelle!
Sur Google Maps, le Château Gillevoisin, sur l’avenue du Château, attire mon attention. Je m’offre un détour de 800 mètres pour y jeter un coup d’œil. Tombe sur une boîte à livres, dans laquelle je découvre La Gloire de mon père, de Marcel Pagnol. Dans l’avant-propos, ces mots qui me parlent :
Je feuillète le livre, publié en 1957. Cette édition de France Loisir remonte à 1976.
Drôle de coïncidence. J’aurai 57 ans le mois prochain. Le décompte vers la retraite, que je devrais prendre entre 62 et 65 ans, s’amorce. Je pensais justement à mes parents quelques minutes plus tôt. À ce qu’ils nous ont transmis. À ce que je lèguerai à nos enfants, à ceux que j’aurai côtoyé.
Dans la cour du château, des moutons, des chèvres. Un peu plus haut, deux centres équestres. Maman aimait beaucoup les chevaux et la Provence (qu’elle n’a jamais visité). Papa marchait à l’année, pédalait d’avril à octobre, « raquettait » l’hiver. Le livre se retrouve dans le sac à dos et devrait me suivre au Québec.
J’ai retrouvé ma bonne humeur. Cette photo, prise hier au port du Gros Caillou sur la Seine, sur la péniche Fluctuart, résume bien :
Cette semaine, mon objectif consiste à explorer des arrondissements où nous n’avons jamais mis les pieds : le 13e et le 14e. Souliers, en marche!





La Nature, c’est tellement ressourçant, ça en est magique! Andrée 🌳
RépondreSupprimerC’est un plaisir de te lire Christian. Merci de partager ces bons moments. Au plaisir de te revoir cher cousin et filleul Louise
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