« Je pars faire un tour de machine », lançai-je à Nathalie, après avoir fouillé sur le net afin de dénicher des balades à faire à l’extérieur de Paris, côté ouest. Fou rire devant cette vieille expression utilisée dans le temps de nos parents. Elle veut dire « faire une promenade en voiture, habituellement le dimanche ».
En ce mercredi 12 mars, ce sera une balade en RER et en tramway, que je n’ai pas encore utilisé depuis notre arrivée. Tout d’abord, RER A de Chatelet-Les Halles à Saint-Germain en Laye. Ensuite, tramway 13 vers Saint-Cyr et retour via le RER C, qui longe la rive-gauche de la Seine.
Je profite de l’occasion pour rédiger ce billet, à la main. J’ai l’impression qu’écrire à l’ordinateur bloque l’élan. Je m’assume, je suis vieux jeu au niveau écriture. J’aime voir la trace des mots, des ratures. Plus long me direz-vous, so what?!
Dans les transports, que ce soit ferroviaire ou aérien, je me sens entre deux mondes, connecté au présent. Le passé et l’avenir défilent par la fenêtre ou le hublot. Moments fugaces d’observation des gens et des lieux, au passage de la machine.
Je reviens sur deux extrêmes vécus la semaine dernière. La visite du musée de la Grande Guerre, à Meaux, suivi le lendemain de la visite du Château Rosa Bonheur, à Thomery.
Meaux, vendredi. Deuxième sortie de la grande ville en Transilien. Une autre branche de la ligne P. Marche, métro, train, marche. 4 km dans ce cas-ci, sur une légère pente ascendante avec un mercure à 18C. Le nounours est en nage à l’arrivée.
Pendant deux heures, je plonge dans l’histoire et l’horreur de la Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre. Le musée, inauguré le 11 novembre 2011, est le plus grand d’Europe sur cette terrible guerre et héberge plus de 70 000 objets.
La visite débute avec la guerre franco-allemande de 1870-1871 et ses séquelles. Peu à peu, la scénographie nous emmène aux années 10 et au déclenchement, une fois de plus, des hostilités en juillet 1914. Des dizaines de milliers d’hommes quittent femmes et enfants en montant dans des trains, pensant que la guerre serait réglée en quelques mois. Au contraire, l’enlisement dans les tranchées perdure quatre longues années.
Quatre groupes scolaires me dépassent. Je les entends à peine, concentré dans la lecture des panneaux décrivant les objets présentés. Je pourrai y revenir, en effectuant la visite virtuelle de la collection permanente.
Disons qu’il s’avère difficile de ne pas faire de parallèle avec la situation actuelle aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde, avec cette monté des extrémismes partout.
La visite du musée se termine par un nouvel emménagement : la tranchée. En cognant sur les « sacs de sable », on réalise que nous sommes dans un décor à la Disney. Sentiers de béton tout propres, nous sommes loin de la boue et de l’humidité des tranchées. Les frissons passent quand même. Maudit que l’humain peut être crétin parfois… Pour avoir un aperçu de cette guerre merdique, le film 1917 est à voir.
Sur le chemin du retour, arrêt à la Maison du Brie de Meaux. J’y achète un huitième de meule que nous mangeons avec de la baguette bien fraîche en soirée.
Thomery, samedi : découverte d’une nouvelle ligne de train (la R) à partir de la gare de Lyon. Sur le quai, mon intuition me dit qu’on se dirige vers une destination plein-air. Plusieurs jeunes marchent d’un pas résolu sur le quai, matelas d’escalade sur le dos. Il doit y avoir des blocs dans le coin (au retour, je demanderai à un jeune et il me confirmera qu’ils grimpent dans le parc de Fontainebleau - Google m'apprendra que Bleau est le lieu de naissance de l'escalade de bloc et en compte plus de 30 000).
Nous montons à l'étage dans le train, car Cricri aime voir l'horizon. Lorsque l'on descend, nous nous retrouvons à la hauteur de la taille des gens. Pas terrible pour observer le paysage.
Arrivée à la gare de Thomery. J’avais vu qu’elle était dans la forêt. Malgré cela, quand on y débarque, on se surprend à réaliser que tout autour, les arbres dominent. On dirait qu’on est dans le milieu de nulle part. Au final, pas tant que ça, on est en Europe, tout est à proximité. Un petite marche relaxe de 20 minutes sur un sentier et nous voici à l’entrée du Château de Rosa Bonheur.
Rosa Bonheur fut une peintre animalière célèbre dans les années 1800. Grâce à la vente d’une de ses premières œuvres (Le marché aux chevaux, qui se trouve aujourd'hui au Metropolitan Musuem of Art de New-York), elle achète le château de By en 1859. Elle est alors la première femme en France à acheter, à son nom, un bien immobilier grâce au seul fruit de son travail.
Son atelier, laissé tel quel depuis son décès en mai 1899 (à l’âge de 77 ans), émerveille. La hauteur de sa table de travail fait penser à du mobilier dans une classe de maternelle (elle mesurait 1,50m).
Entre la guerre et la création, je préfère de loin cette dernière.
Rosa Bonheur porte bien son nom. Les animaux qu’elle met à l’avant-plan regorgent de vie. Ses tableaux sont époustouflants. Nous irons bientôt voir la toile Labourage nivernais au musée d’Orsay.




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Merci de prendre le temps de commenter ! Ne vous laissez pas avoir par le curseur qui clignote dans le carré blanc. J'aime vous lire !