31 mars 2025

Si près, si Loing

Dame nature continue sur sa lancée de ciels dignes de la Provence. La pluie se fait rare, permettant de marcher sans souci de se transformer en petit canard. Le mercure oscille entre 12 et 17 degrés, ce qui s’avère génial pour enfiler les kilomètres en tout confort.


Samedi, nous effectuons un retour à la campagne, à 68 km au sud-est de la capitale. À bord du Transilien R que nous avions pris à la Gare de Lyon le 8 mars dernier, à destination de Thomery et du Château de Rosa Bonheur (relisez le billet ici).

Nous poussons quelques arrêts plus loin. La randonnée débute à la gare de Montigny-sur-Loing, petit village de près de 2 600 personnes. Au programme, selon Helloways, nous passerons tantôt par les champs, tantôt par les rives du Loing (l’une des rares rivières préservées de l’urbanisation en Île-de-France) et les canaux de Nemours. 

Après cinq kilomètres au beau milieu des champs, sur des chemins de tracteur, nous entrons dans Grez-sur-Loing, une petite commune qui abrite des monuments datant du XIIe siècle : l’église Notre-Dame-et-Saint-Laurent, la tour de Ganne  et le pont de Grez. À l’entrée du pont, une plaque attire notre attention. Le tableau de Camille Corot, représentant le pont, appartient au musée Currier à Manchester, dans le New Hampshire. Le monde est petit!


Nous arrivons sur les rives du Loing, libres de construction humaine. Le canal nous donne l’impression de marcher à la maison, au canal Chambly.  Celle-ci s’avère encore plus lorsque nous passons sous le pont de l’autoroute du Soleil (la A6). Chez nous, le canal passe sous le pont de l’autoroute 10. 


À Nemours, nous mangeons nos sandwiches accompagnés d’un petit verre de rouge, assis sur un banc face au Loing. Un couple de canard nous rend visite, s’installe à quelques pas pour une sieste. 


L’immense curieux, le gars pour qui «Partout est la seule destination sur ma liste», accroche son regard sur une nouvelle affiche. Quand je suis avec des gens, je dois finir par les « gosser », tant je m’arrête souvent. Je suis une éponge. Je veux tout savoir. Vous devez vous en rendre compte, avec tous ces liens que j’ajoute dans mes billets 😄

Nous avons emprunté une partie de la Scandibérique, qui relie Trondheim en Norvège à Saint-Jacques de Compostelle en Espagne. Un périple de plus de 5 000 km traversant le Danemark, l’Allemagne, la Belgique et la France. Décidemment, je finirai par le marcher ce chemin de Compostelle. Tiens, voilà un projet pour la retraite!



Le Transilien nous ramène à la Gare de Lyon. Nous en profitons pour repérer le hall d’où nous prendrons le TGV Lyria pour Lausanne, avant de descendre dans le métro pour quelques stations. 

Le dernier kilomètre se fait à pied, de la station Chatelet à la rue Dauphine. Les quais sont noirs de monde, tout comme le pont Neuf. Le soleil fait sortir les gens.

À compter de demain, mes billets s’écriront de la Suisse. Lausanne, Neuchâtel et Zurich nous attendent chacune pour deux nuits. 

Bonne semaine!



28 mars 2025

Ce petit beagle blanc qui fait sourire

Y a-t-il des fans de la bande de Peanuts derrière l’écran de leur téléphone intelligent? Saviez-vous que Snoopy célèbre cette année son 75e anniversaire de naissance? 

J’écris « chien étendu sur le dos sur une niche au toit rouge » et une image monte à votre esprit, n’est-ce pas?

Nous l’aimons tant que lors de notre passage dans l’AIESEC, nous l’avions sculpté dans la neige, par un glacial weekend de février du début des années 90, à Jonquière en neige. Un souvenir impérissable.

Lundi, notre bonne étoile a mis Nathalie sur la piste d’un article de La Presse intitulé Snoopy joue les mannequins dans une exposition


Devinez qui possédaient les plus beaux sourires mardi après-midi, à l’Hôtel du Grand Veneur, dans le quartier du Marais? Oui, oui, nous!

Snoopy, Charlie Brown, Woodstock, Lucy, Linus, Sally … les personnages créés par Charles M. Schulz en octobre 1950 accompagnent les générations. Je m’attendais à voir Snoopy et sa sœur Belle dans des costumes de grands créateurs de mode. L’exposition va encore plus loin, organisée autour de six thématiques : le style de l’auteur, les tenues des personnages, le duo Snoopy et Belle, Peanuts et la culture populaire, Connie Boucher (une femme d’affaires qui a exploité commercialement l’univers Snoopy) et les expos des créateurs (visitez le site Snoopy & Belle in Fashion pour voir les poupées créées au fil des ans).

Mon couple préféré de l’expo? Celui de Mira Mikati, mettant en vedette Snoopy et Woodstock.  La couleur éclatante, le look hippie des années 70, je regarde la photo en la publiant et je sens le bonheur monter. 


Le fan de machines volantes a bien aimé le manteau de pilote portant une image de Snoopy l’as de l’aviation de la Première Guerre mondiale. 


Snoopy inspire les grands créateurs depuis longtemps. Jean-Charles de Castelbajac, styliste français, a créé une statue pour le 75e. En 1990, il avait dessiné ce croquis, porteur d'un message qui me parle beaucoup : "le souvenir est le seul paradis dont nous ne pouvons être chassé".


Sur le chemin du retour, je repensais sans cesse au grand nez blanc de Snoopy. Nous avons eu un sourire dans la face pendant le 2,6 km de marche au soleil. 

Merci la vie d’avoir mis Snoopy et sa bande sur notre route! 

24 mars 2025

Humeur à la baisse

Bon lundi matin, lectrices et lecteurs de ce blogue. Je conserve l’habitude de rédiger ces billets à la bibliothèque Mazarine, située à l’Institut de France. Aujourd’hui, on m’a octroyé la place 63. 

La semaine dernière, j’ai eu l’impression que le moral désertait le navire. 

Pourquoi? Je ne ressens ni anxiété ni stress, il n’y a pas d’entretien de maison ou de terrain à faire. Le soleil brille tous les jours dans un ciel bleu à faire rêver. Est-ce l’attrait de la nouveauté et de l’excitation disparues? Ou encore les nouvelles de pis en pis provenant des États-Unis? Cette course au réarmement en Europe? Vers où s’en va-t-on? 

Vendredi dernier, l’appel de la nature fut le plus fort. Lardy, à 38 km du point zéro des routes de France, au sud-ouest de Paris dans le département de l'Essonne. J’ai choisi une randonnée de 12 km sur Helloways.  

La marche débute dans les rues étroites de Lardy, se poursuit dans un quartier résidentiel chic, avec de grands terrains. J’entre dans la forêt et le chemin s’élève pendant plusieurs minutes. Le cœur accélère, le souffle aussi, au fil des mètres gagnés. Le cerveau commence à sécréter sa bonne dope naturelle. L’humeur repart à la hausse.

Je me retrouve sur un plateau, avec l’horizon comme voisin. J’ai retiré mon manteau avant la montée. J’essaie de vider mon esprit de ces pensées de fin du monde. Ne comptent plus que les pas, l’un après l’autre sur ce chemin de terre au beau milieu des champs.

Le regard porte sur des kilomètres à la ronde. Pas de bruit de véhicules sur les routes. Je passe à gauche d’une ferme et bifurque vers la droite, où le chemin entame une descente. Je suis sur une portion du chemin de Compostelle!


Sur Google Maps, le Château Gillevoisin, sur l’avenue du Château, attire mon attention.  Je m’offre un détour de 800 mètres pour y jeter un coup d’œil. Tombe sur une boîte à livres, dans laquelle je découvre La Gloire de mon père, de Marcel Pagnol. Dans l’avant-propos, ces mots qui me parlent : 

Je feuillète le livre, publié en 1957. Cette édition de France Loisir remonte à 1976. 

Drôle de coïncidence. J’aurai 57 ans le mois prochain. Le décompte vers la retraite, que je devrais prendre entre 62 et 65 ans, s’amorce. Je pensais justement à mes parents quelques minutes plus tôt. À ce qu’ils nous ont transmis. À ce que je lèguerai à nos enfants, à ceux que j’aurai côtoyé. 

Dans la cour du château, des moutons, des chèvres. Un peu plus haut, deux centres équestres. Maman aimait beaucoup les chevaux et la Provence (qu’elle n’a jamais visité). Papa marchait à l’année, pédalait d’avril à octobre, « raquettait » l’hiver. Le livre se retrouve dans le sac à dos et devrait me suivre au Québec.

J’ai retrouvé ma bonne humeur. Cette photo, prise hier au port du Gros Caillou sur la Seine, sur la péniche Fluctuart, résume bien : 

Cette semaine, mon objectif consiste à explorer des arrondissements où nous n’avons jamais mis les pieds : le 13e et le 14e. Souliers, en marche!


22 mars 2025

Une autre virée en nature

En prévision de notre séjour longue durée à Paris, Nathalie avait acheté Randonnées autour de Paris, qui présente 40 balades pour prendre l'air avec son Passe Navigo. 


Pendant des mois, j’ai emprunté virtuellement plusieurs des itinéraires proposés par Helloways.

Mardi matin, leur courriel de la semaine proposait la randonnée Le Viaduc des Fauvettes à Bures-sur-Yvette.  

Dans ma tête, les liens fusent aussitôt. 

Viaduc = train

Yvette = ma tante

Train + tante = Lauzon

Lauzon = famille, souvenirs

Yvette, épouse de Gilles, le frère de mon père. Que nous visitions si souvent dans mon enfance, dans la maison située rue Saint-Gilbert. Souvenirs impérissables que je peux relire ici et ici. Je consulte la page de la rando. 

« Nathalie, aurais-tu le goût de découvrir un nouveau coin? Viens voir, il y a même une Yvette! »

Le RER B nous dépose à la campagne en moins de soixante minutes. 

Itinéraire sur le téléphone, suivi GPS activé, nous empruntons le sentier qui s’élance dans un boisé. 

Nous suivons un ancienne voie ferrée qui mène au viaduc des Fauvettes. Plus loin, des champs labourés nous rappellent la Montérégie. La campagne commence à me manquer je pense …


Nous passons sous le viaduc. J’ai l’impression de me retrouver à Cap-Rouge, sous le tracel où papa et maman se stationnaient pour aller marcher sur le bord du fleuve. Est-ce un hasard (existent-ils d'ailleurs?) si l'album photo de OneDrive me suggère, alors que je rédige ce billet, des souvenirs de mars 2012? Un an plus tard, en avril, mon père décédait, suivi de maman en juillet 2014. 

La ronde des liens se poursuit dans les rues de Bures-en-Yvette. La rue des bleuets et le « saule-cogneur » qui a mangé un ballon de foot (ouvrez bien l'oeil) font un clin d’œil à Véro, établie au Royaume du Saguenay et Pays des Bleuets depuis belle lurette.


Pour ceux qui avaient manqué une de mes publications, je rappelle que le tarif est de 2,5 € par trajet. Quand même incroyable de retrouver la nature si facilement au départ du centre de Paris.

Quitter l'asphalte et la cohue fait du bien à l'âme.



20 mars 2025

Visite au musée du Louvre

Plus grand musée du monde (et le plus visité), les superlatifs manquent pour le décrire. Il manquait à mon expérience muséale. Vivre à Paris quinze semaines sans lui rendre visite… impensable. 

J’ai donc acheté deux billets sur le site officiel (attention - il existe des tas de revendeurs, qui parfois, vendent de faux billets) pour une visite à midi, le 5 mars. On se pointe à la Pyramide (l’entrée principale), à 11 h 50 , pour réaliser que la file semble interminable. Au final, nous entrons à 12 h 20. 

Muni du plan, nous débutons notre visite avec l’objectif de parcourir toutes les salles.

Première observation : ce musée est un LABYRINTHE! À mes collègues qui pensent que les plans que nous remettons aux visiteurs lors des portes ouvertes d’Édouard ou de l’ÉNA manquent de clarté, imaginez le plan papier du Louvre. 

Trois ailes : Richelieu, Sully et Denon. Cinq niveaux. Au final, quatre heures plus tard, j’estime que nous aurons marché près de 7km à pas de tortue dans les dédales du musée. 

Deuxième observation : il y en a du monde! Agoraphobes, tenez-vous loin. 

Troisième observation : il y a de la richesse au pied carré sur un moyen temps. 

Les appartements Napoléon III nagent dans un luxe inouï. 

Prendre des photos? Je tente plutôt d’imprimer dans ma mémoire les souvenirs, au lieu de me concentrer sur l’écran du iPhone. De toute façon, elles ne rendraient pas du tout justice à toute la beauté qui y séjourne depuis des décennies. 

Vous vous doutez bien du nom de SA vedette. Elle trône seule au milieu de la salle des États, la plus grande du musée, derrière une vitrine.

Lorsque vous lui rendez visite, attendez-vous à ceci. 


La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix a retrouvé ses couleurs d’origine en 2024. 

La Vénus de Milo attire les foules elle aussi. 

Dans la salle du Nil, mon regard a été attiré par cette petite statue de 17,5 cm de haut. Bès, génie protecteur. 


Par les temps qui courent, nous avons bien besoin de lui pour répandre la joie et écarter le mauvais œil ;-)

À 16 h 30, nous lâchons prise. Le soleil nous attire sur les quais. Une bière et des chips récompensent nos pas.





14 mars 2025

Du Jardin Anne-Frank au Passage Brady : entre souvenirs et émerveillement

La quatrième semaine à Paris tire à sa fin. Quand nous avons mis les pieds dans l’appart et constaté que la luminosité y serait exceptionnelle, un grand bien-être m’a envahi. D’autant plus qu’en ouvrant l’armoire, j’ai découvert une assiette Petit Prince, sur laquelle est écrit l’une de mes citations préférées : « On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux ». La même que j’ai insérée au verso de la carte postale CriCri à Paris! La synchronicité refait son apparition dans ma vie.

Au fil de mes navigations sur Google Maps, j’ai vu qu’un Jardin Anne-Frank existe dans le 3e. Curieux, je décide d’y passer en me rendant à la rue Étienne-Marcel d’où je suivrai la balade « Le Paris des passages les plus insolites et mystérieux » tirée du guide du Routard Paris Balades.

Dans le dernier billet, je parlais de la guerre. Avez-vous déjà lu le Journal d’Anne Frank,  qui relate la vie de cette jeune fille juive allemande exilée à Amsterdam pendant la 2e guerre mondiale? Je vous le suggère. Malgré ce qu'elle vivait, elle voyait la beauté du monde et n'a jamais perdu espoir. En 2014, au retour des JO de Sotchi, j’avais visité le Musée Anne Frank. Expérience marquante : dans l’annexe, les visiteurs défilent dans un silence total, comme si on sentait encore l’horreur de se faire découvrir par la Gestapo et être envoyé vers la mort, dans un camp d’extermination.

En passant dans la rue, rien ne laisse deviner la présence de ce jardin. Impasse Berthaud, « Ben voyons, une impasse, c’est un cul-de-sac. Je ne vais pas là moi » se dirait-on. Je poursuis et découvre une plaque avec la photo d’Anne et une autre sur le marronnier.



Anne mentionne cet arbre à trois reprises dans son journal.  Attaqué par une maladie, il a été décidé au début des années 2000 d’utiliser ses fruits pour perpétuer sa vie ailleurs dans le monde. Le marronnier du jardin de Paris est l’un d’eux. 

Cela me fait penser au lilas que nous avons mis en terre à Richelieu. Il s’agit d’un greffon du lilas que ma sœur Véro avait planté à Chicoutimi, qui lui venait de la rue du Château à Sainte-Foy (la maison familiale de 1977 à 2015) et auparavant de la rue Couillard à Lauzon (la maison natale de mon père).  Le lilas à Véro, à Ben, à Arthur. 

Je retrouve les rues largement piétonnes de la Zone à Trafic Limité et emprunte plusieurs passages. Le plus impressionnant ? Le passage Brady, qui nous plonge dans Little India avec ses restaurants et commerces indo-pakistanais. J’entre dans l’épicerie Velan. Les effluves d’épices et d’encens, les objets, je suis transporté en Inde. 



Quatre semaines à Paris donc. Lorsque je sors de l’immeuble, tourne à gauche et descends la rue Dauphine vers la Seine, j’ai encore peine à réaliser que nous vivons ici. Je traverse le Pont Neuf comme un Parisien, sans vraiment porter attention aux décors. ll faut le faire!

Je rejoins Nathalie vers 17 h et nous allons prendre un verre et une entrée à La Rhumerie, boulevard Saint-Germain. Ensuite, on marche vers la Seine afin d’observer le coucher de soleil et voir le Pont Neuf éclairé. 



Magique.


12 mars 2025

De la guerre au bonheur

« Je pars faire un tour de machine », lançai-je à Nathalie, après avoir fouillé sur le net afin de dénicher des balades à faire à l’extérieur de Paris, côté ouest. Fou rire devant cette vieille expression utilisée dans le temps de nos parents. Elle veut dire « faire une promenade en voiture, habituellement le dimanche ».

En ce mercredi 12 mars, ce sera une balade en RER et en tramway, que je n’ai pas encore utilisé depuis notre arrivée. Tout d’abord, RER A de Chatelet-Les Halles à Saint-Germain en Laye. Ensuite, tramway 13 vers Saint-Cyr et retour via le RER C, qui longe la rive-gauche de la Seine. 

Je profite de l’occasion pour rédiger ce billet, à la main. J’ai l’impression qu’écrire à l’ordinateur bloque l’élan. Je m’assume, je suis vieux jeu au niveau écriture. J’aime voir la trace des mots, des ratures. Plus long me direz-vous, so what?! 

Dans les transports, que ce soit ferroviaire ou aérien, je me sens entre deux mondes, connecté au présent. Le passé et l’avenir défilent par la fenêtre ou le hublot. Moments fugaces d’observation des gens et des lieux, au passage de la machine.

Je reviens sur deux extrêmes vécus la semaine dernière. La visite du musée de la Grande Guerre, à Meaux, suivi le lendemain de la visite du Château Rosa Bonheur, à Thomery.

Meaux, vendredi. Deuxième sortie de la grande ville en Transilien. Une autre branche de la ligne P. Marche, métro, train, marche. 4 km dans ce cas-ci, sur une légère pente ascendante avec un mercure à 18C. Le nounours est en nage à l’arrivée. 

Pendant deux heures, je plonge dans l’histoire et l’horreur de la Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre. Le musée, inauguré le 11 novembre 2011, est le plus grand d’Europe sur cette terrible guerre et héberge plus de 70 000 objets.

La visite débute avec la guerre franco-allemande de 1870-1871 et ses séquelles. Peu à peu, la scénographie nous emmène aux années 10 et au déclenchement, une fois de plus, des hostilités  en juillet 1914. Des dizaines de milliers d’hommes quittent femmes et enfants en montant dans des trains, pensant que la guerre serait réglée en quelques mois. Au contraire, l’enlisement dans les tranchées perdure quatre longues années. 

Quatre groupes scolaires me dépassent. Je les entends à peine, concentré dans la lecture des panneaux décrivant les objets présentés. Je pourrai y revenir, en effectuant la visite virtuelle de la collection permanente. 

Disons qu’il s’avère difficile de ne pas faire de parallèle avec la situation actuelle aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde, avec cette monté des extrémismes partout. 

La visite du musée se termine par un nouvel emménagement : la tranchée.  En cognant sur les « sacs de sable », on réalise que nous sommes dans un décor à la Disney. Sentiers de béton tout propres, nous sommes loin de la boue et de l’humidité des tranchées. Les frissons passent quand même. Maudit que l’humain peut être crétin parfois… Pour avoir un aperçu de cette guerre merdique, le film 1917 est à voir. 


Sur le chemin du retour, arrêt à la Maison du Brie de Meaux. J’y achète un huitième de meule que nous mangeons avec de la baguette bien fraîche en soirée. 

Thomery, samedi : découverte d’une nouvelle ligne de train (la R) à partir de la gare de Lyon. Sur le quai, mon intuition me dit qu’on se dirige vers une destination plein-air. Plusieurs jeunes marchent d’un pas résolu sur le quai, matelas d’escalade sur le dos. Il doit y avoir des blocs dans le coin (au retour, je demanderai à un jeune et il me confirmera qu’ils grimpent dans le parc de Fontainebleau - Google m'apprendra que Bleau est le lieu de naissance de l'escalade de bloc et en compte plus de 30 000). 

Nous montons à l'étage dans le train, car Cricri aime voir l'horizon. Lorsque l'on descend, nous nous retrouvons à la hauteur de la taille des gens. Pas terrible pour observer le paysage.

Arrivée à la gare de Thomery. J’avais vu qu’elle était dans la forêt. Malgré cela, quand on y débarque, on se surprend à réaliser que tout autour, les arbres dominent. On dirait qu’on est dans le milieu de nulle part. Au final, pas tant que ça, on est en Europe, tout est à proximité. Un petite marche relaxe de 20 minutes sur un sentier et nous voici à l’entrée du Château de Rosa Bonheur.

Rosa Bonheur fut une peintre animalière célèbre dans les années 1800. Grâce à la vente d’une de ses premières œuvres (Le marché aux chevaux, qui se trouve aujourd'hui au Metropolitan Musuem of Art de New-York), elle achète le château de By en 1859. Elle est alors la première femme en France à acheter, à son nom, un bien immobilier grâce au seul fruit de son travail. 

Son atelier, laissé tel quel depuis son décès en mai 1899 (à l’âge de 77 ans), émerveille. La hauteur de sa table de travail fait penser à du mobilier dans une classe de maternelle (elle mesurait 1,50m).


Entre la guerre et la création, je préfère de loin cette dernière. 

Rosa Bonheur porte bien son nom. Les animaux qu’elle met à l’avant-plan regorgent de vie. Ses tableaux sont époustouflants. Nous irons bientôt voir la toile Labourage nivernais au musée d’Orsay.



10 mars 2025

Trois mois en Europe : entre exploration et immersion parisienne

Vous le savez. Le temp égrène ses secondes, ses minutes. Il n’attend pas, file à son rythme. Ce weekend, la liste sans fin de lieux à visiter aux quatre coins de l’Europe a lancé un cri : « Élagage profond en devenir. Douze semaines vous possédez encore. Pourquoi aller ailleurs ? » 

Liste, tu as bien raison. Oublions l’Irlande (Dublin), l’Écosse (Édinbourg). Nous sommes en France. Visitons des régions inexplorées : la Bretagne, l’Alsace. Peut-être une virée en Occitanie (Toulouse, Pyrénées).  

Nous pouvons aussi sortir de Paris par les Transiliens, qui mènent à des dizaines de kilomètres du centre, en pleine nature. Dans la dernière semaine, je me suis ainsi déplacé à Provins, Meaux (musée de la Grande Guerre) et Thomery (Château de Rosa Bonheur), côté est. 

Deux pays demeurent sur la liste : Suisse et Italie. 

Nathalie donne une formation à Lausanne le 2 avril. Notre premier long séjour en dehors de la capitale se fera donc en Suisse, du 1er au 7. Au programme, Lausanne, Neuchâtel et Zurich.

En mai, nous visiterons l’Italie : Bologne (j’assiste au Grand Prix de F1 d’Imola 🚗🚗🚗), Florence et Venise.

Ces destinations assouviront le besoin d’exploration hors hexagone.

Je dois me rappeler que l’objectif du long séjour à Paris n’est pas de tout voir, mais plutôt de s’imprégner de la vie quotidienne. Hier, nous avons soupé avec notre amie Céline, à Montmartre. Dans les heures qui ont précédé, nous avons déambulé dans le quartier. 

Dans toutes les villes touristiques du monde, une constante demeure : les visiteurs se tiennent en troupeau. Ici, tout le monde se tient sur le parvis du Sacré-Cœur ou dans le quadrilatère de la Place du Tertre. 


Nous avons passé un moment derrière la Basilique, dans le Parc Marcel Bleustein Blanchet. Dans celui-ci, que des résidents du secteur. De jeunes ados démontrant leurs prouesses techniques avec un ballon de foot, un père et son jeune fils jouant aux échecs. Plus bas,  dans un lieu privé que l’on découvre de la rue Saint-Vincent ou des escaliers de la rue de la Bonne, les boulistes du club de pétanque du Tertre s’exécutent sur les terrains. 


Auparavant, à l’intérieur de la Basilique, j’ai été surpris de voir une statue qui me disait quelque chose. Je m’approche, pour constater qu’il s’agit d’une réplique de Notre-Dame-du-Cap, sanctuaire situé à Trois-Rivières. 

Je vous suggère la visite virtuelle du Sacré-Cœur. 

Un mois a filé depuis le début de mon congé sabbatique. Plus que trois à vivre en Europe, avant de retrouver le Québec et l’été.



7 mars 2025

Gratuité des musées le premier dimanche du mois

Nous connaissions depuis longtemps cette pratique, sans avoir pu en bénéficier lors de nos brefs séjours dans la Ville Lumière. Nous attendions le dimanche 2 mars avec impatience!

Nous avons jeté notre dévolu sur le musée Rodin et son magnifique jardin de sculptures afin de profiter au maximum de la température idéale annoncée. Arrivés au 77 rue de Varennes dans le 7e (coucou la Sœur 😉) quinze minutes avant l’ouverture des portes, nous entrerons dans ce havre de paix situé au cœur de Paris.

L’Hôtel Biron abrite le musée depuis 1916 grâce à la donation que fit Auguste Rodin à l’État français. Les 18 salles du parcours dévoilent l'évolution de l'artiste à travers des esquisses en terre, des moulages en plâtre, ainsi que des sculptures en bronze et en marbre. Tout au long de la visite, le fil rouge est le processus créatif de l’artiste et la genèse de ses œuvres, entre autres le monument à Balzac.

En plus d’admirer la beauté et l’esthétisme des œuvres, je constate une fois de plus que le « comment? » guide ma vie. Comment a-t-il pu créer ceci? Comment le bronze est-il coulé? Autant de questions qui trouvent réponse dans les salles ou sur le site Web du musée, qui contient une mine d’information pour les curieux de ma nature. 

Rodin, décédé le 17 novembre 1917, à l’âge de 77 ans (re-coucou la Sœur 😇) a eu une production phénoménale. Il ne devait pas dormir 10 heures par nuit…

Les jardins regorgent eux aussi de sculptures. Le Penseur, d’abord vu à sa taille d’origine (70 cm) à l’intérieur. 


À quelques pas, nous avons une vue dégagée du dôme doré de l’Hôtel des Invalides.

La fameuse Porte de l’Enfer, qui possède même sa propre page. Des heures et des heures de lecture et d’exploration en vue. 

À notre sortie, nous tentons notre chance au Musée d’Orsay. Tel qu’escompté, la file semble interminable. Nous aurions pu réserver un créneau à l’avance. Qu’à cela ne tienne, nous reviendrons, parce que nous aimons beaucoup ce musée.

Traversée sur la rive droite par le Pont des Arts, remontée à travers le Marais à destination du musée Picasso. 

L’estomac gronde. Sur la rue de Bretagne, des sandwiches nous font de l’œil dans la vitrine. Jambon beurre emmenthal (la dame m'a compris du premier coup!) pour moi et rosette cornichons pour Nathalie. Nous les mangerons debout, dans la file qui avance à pas de tortue. 

Soixante-quinze minutes plus tard, bienvenue dans le monde de Picasso, dans l’Hôtel Salé.

Sur trois niveaux, le musée abrite la plus riche collection publique de ses œuvres et illustre, ici aussi, son processus créateur. 

Cette citation a attiré mon œil ainsi que La Chèvre, située dans le hall d’accueil. 

De retour à l’appart, l'esprit débordant d'images, nous achetons des billets pour visiter le Louvre.




5 mars 2025

Retrouver le calme de la nature

Citoyens des villes populeuses, réalisez-vous à quel point la nature vous manque? Avez-vous déjà pu observer l’horizon du haut d’une colline? Aux sons des véhicules, des sirènes, du brouhaha des passants, que diriez-vous de troquer ceux des oiseaux virevoltant d’un arbre à l’autre?

Jusqu’à ce que mes souliers foulent les remparts de la magnifique cité médiévale de Provins, située à 77 km à vol d’oiseau du parvis de Notre-Dame, point zéro de toutes les routes de France, je n’avais pas réalisé à quel point le silence de la nature me manquait. L’eau qui coule, les oiseaux, la caresse du vent et du soleil. 

Installé au cœur de Paris depuis le 17 février, je profite de la proximité de tous les commerces essentiels pour nourrir le corps : épiceries, boulangeries, fruiteries, cavistes, et j’en passe. La Seine à quelques pas, des jardins pour lire au soleil, des bibliothèques pour travailler ou emprunter des livres. 

Nul besoin d’un véhicule pour se déplacer. Nos pas avalent les kilomètres, au rythme du promeneur. Tout y est. Sauf une chose : la nature.

Entre nos visites gratuites de musées d’art dimanche dernier (le musée Rodin et le musée Picasso – j’y reviendrai) et celle de cet après-midi (le Louvre), je sentais le besoin de voir l’horizon. 

Sans le savoir, Nathalie m’en a procuré l’occasion, en m’envoyant dimanche soir un article parlant de Provins. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2001, la ville est reconnue pour l’exceptionnelle préservation de son patrimoine architectural et urbain, illustrant l’organisation d’une ville marchande du Moyen Âge. Ses fortifications, ses édifices religieux et civils, ainsi que ses vestiges des grandes foires médiévales témoignent de l’importance économique et culturelle de la région à cette époque.

Comment y aller? Google Maps me donne la réponse :  la ville est à 88 km en voiture. Puis-je m’y rendre en train? Le site Île-de-France mobilités m’apprend que le Transilien P s’y rend à partir de la gare de l’Est, et que le tarif est de … 2,5 € !! Je n’en crois pas mes yeux. 

Eh oui, depuis le 1er janvier, en région Île-de-France, il n’y a plus que deux tarifs : 2,5 € pour un billet Train/RER/Métro et 2 € pour un billet Tram/Bus. J’entends Obélix « ils sont fous ces … »

Je monte dans le train à 8 h 46. Une heure vingt-trois plus tard, je débute la marche vers la ville haute (le Châtel).

Armé du Pass Provins, et du guide du visiteur, je remonte le temps pendant quelques heures.  

Je débute sur les remparts, accessibles à la Porte Saint-Jean. 


Je me dirige ensuite vers la Tour César, du haut de laquelle j’ai une vue à 360 degrés sur l’horizon. 


À sa sortie, j’emprunte la rue de la Pie et entre dans la collégiale Saint-Quiriace, une église du XII siècle où Jeanne d’Arc serait venue en 1429. La porte se referme avec fracas, provoquant un écho qui se propage dans l’édifice immense (plus grand que Notre-Dame!), qui n’a jamais été achevé.

Je poursuis dans les rues pavées, observant les  maisons à colombage. Je me retrouve à la porte de Jouy, et monte une fois de plus sur les remparts. Les oiseaux chantent, de rares véhicules passent sur la route qui serpente au travers des champs. Nous pourrions revenir ici et faire un pique-nique sur cette table située à l’extérieur des murs.


Peu de visiteurs déambulent dans les rue, la plupart des commerces de la ville haute sont fermés. Il ne s’agit toutefois pas d’un «Village Québécois d’Antan» comme à Drummondville. La plupart des maisons du Châtel hébergent des résidents. Le soleil brille et l’air est frais. Cette période basse de l’année s’avère parfaite pour découvrir du pays, en dehors des vacances estivales où la chaleur et la cohue règnent. 

À 14 h, j’entame le sprint final des visites, car je vise le train de 16 h 47. D’abord la Grange aux dîmes, qui semble anodine avant de descendre à la cave, avec des plafonds très hauts, où d’autres mises en scène illustrent la vie de l’époque médiévale.

Avant d’effectuer la visite guidée des Souterrains, de 15 h 30 à 16 h 30, je déambule vers la ville basse, croise les rivières Durteint et Voulzie (pour les gens du Québec, ce serait plutôt un ruisseau) et marche dans le magnifique Jardin Garnier


Un peu plus de six heures après mon arrivée, je retrouve un siège confortable dans le train. Le soleil baisse à l’horizon. Sur la majeure partie du trajet, je rédige ce billet dans le carnet Moleskine, laissant parfois mon esprit divaguer à la vue des champs. Peu à peu, les banlieues apparaissent, les édifices prennent de la hauteur.

À la descente du train en gare de l’Est, je marche à contre sens de la marée humaine des banlieusards qui entrent à la maison. 

Cette virée m’aura rappelé que je trouve l’équilibre près de l’eau et au contact de la nature. Et du coup, le plaisir des voyages en train qui permettent d’observer le paysage.