Lundi 14 avril. Un avant-midi tranquille à l’appart, rue Dauphine. Faire un petit bilan de la semaine dernière, planifier les prochaines. Avec Google Maps, calculer les distances franchies à pied dans la dernière semaine : 55 km au compteur. Je maintiens la moyenne hebdomadaire depuis notre arrivée.
Nathalie a une rencontre de travail cet après-midi. Je viens m’installer à mon poste du lundi : la bibliothèque Mazarine. La salle de lecture affiche presque complet, malgré la semaine de vacances universitaires du printemps. Ils bossent ces jeunes, ils bossent!
Les petits des systèmes primaires et ados du secondaire sont aussi en vacances, pour deux semaines. Le carrefour où est situé l’appart était plutôt tranquille ce matin, comparé à d’habitude.
Tranquille comme Neuchâtel, où nous avons séjourné les 3 et 4 avril. Nouvelle destination, nouveau canton. Sur les plaques, nous lisons maintenant NE. À Lausanne, VD (pour Vaud). À Zurich, je verrai des ZH.
La Suisse est une confédération, comme le Canada. 26 cantons, 26 systèmes d’éducation. Ici, les écoles secondaires se nomment lycées. Dans le Vaud, des gymnases! Moi qui commençait à comprendre...
La chance continue de nous sourire. Nous obtenons une chambre avec balcon et vue de biais sur le lac! On dépose nos sacs et hop, direction découverte.
Pendant notre marche, j’entends à plusieurs reprises des jets dans le ciel. Ils volent de l’autre côté du lac, à une quinzaine de kilomètres au sud-est. « Ça ressemble à une patrouille acrobatique » pensai-je. Google me confirme le tout en quelques clics. La Patrouille Suisse rode son spectacle 2025, à partir de la base aérienne de Payerne. À l’instar des Snowbirds du Canada, les solos tracent un cœur dans le ciel.
Le vendredi, nous rencontrons un formateur Suisse que Nathalie connaît depuis le début des années 90. Marc nous fait visiter sa ville pendant 90 minutes. Nous échangeons sur nos pratiques respectives. À midi, nous changeons de terrasse sur la place des Halles. Notre amie Julie Beaudoin, originaire de Québec, nous rejoint pour le lunch. AIESECer à la même période que nous, elle vit en Suisse depuis le début des années 2000. Elle a vu une de mes publications Facebook et a tenté sa chance.
Il y a de ces amitiés qui semblent immortelles. Peu ou pas d’interaction pendant des décennies et lorsque tu te retrouves, la conversation reprend comme si de rien n’était. Que de chemin parcouru depuis l’université, sur les routes du monde. Les enfants, la carrière, l’approche de la retraite. Sans oublier les niaiseries à répétition de Donnie Golden Boy et ses oligarques.
Ces rencontres humaines des derniers jours me rappellent que voyager peut s’avérer une expérience solitaire. Tu es assis dans un train, un métro, un tram. À une terrasse, un restaurant. Les locaux et les touristes t’entourent, t’ignorent. En voyage, nous occupons souvent un rôle d’observateur silencieux, sans échange verbal autre qu’utilitaire : « je prendrai ceci et cela; non, pas de ticket de caisse ». L’absence de conversations qui permettraient un transfert d’énergie entre deux humains manquent selon moi à l’expérience du voyage.
Dans chaque ville, nous cherchons les mêmes repaires, liés aux besoins de base. Se loger, se nourrir. Nous voulons cocher la liste des incontournables à voir dans tel ou tel lieu. Avec nos appareils mobiles, nous pouvons tout trouver, sans interaction humaine.
Ces réflexions m’habitent, alors que je marche six kilomètres sur le bord du lac vers le port de Saint-Blaise, où je m’installerai, les pieds dans l’eau (glaciale!), pendant presque une heure pour écrire. L’eau turquoise, le ciel bleu, les Alpes à l’horizon.
Après quatre journées de calme en Suisse romande, nous préparerons notre retour dans la mégapole en effectuant un arrêt de 48 h à Zurich.






Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Merci de prendre le temps de commenter ! Ne vous laissez pas avoir par le curseur qui clignote dans le carré blanc. J'aime vous lire !