27 février 2025

Prendre nos marques

Déjà la 11e journée à Paris. Nous avons repéré l’essentiel dans notre quartier : épiceries, boulangeries, restos et pubs qui semblent sympathiques, bibliothèque municipale 📚👫!

La routine s’installe peu à peu. Lever vers 8 h, café, lecture d’un roman. Vers 9 h, Nathalie s’installe pour sa journée de travail, sur la table ronde antique. Je déambule dans le quartier, me laissant porter au hasard. 

Les écoles primaires et les lycées du quartier affichent déserts, en raison des vacances d’hiver de la zone C, qui se tiennent du 15 février au 3 mars. J’ai hâte d’observer le retour en classe la semaine prochaine, entendre les cris des enfants et des ados qui se dirigent vers les classes.

Depuis lundi, nous rencontrons moins d’étudiants dans les rues. Les pubs et les brasseries vendent moins de consommations à l’heure de l’apéro : les universitaires profitent eux aussi des vacances d’hiver, pour une semaine.

En fin de journée, nous partons explorer une heure ou deux. Le mercure se maintient aux environs de 10C, ce qui s’avère idéal.

Par exemple, jeudi dernier nous avons marché jusqu’à la fontaine des Quatre-Parties-du-Monde, dans le jardin des Grands-Explorateurs situé à l’extrémité sud du Jardin du Luxembourg.

Lundi, nous avons emprunté les quais de la Seine jusqu’au magnifique pont Alexandre III, avant de revenir par le Jardin des Tuileries et le Pont des Arts, en passant par la Cour Carrée du Musée du Louvre.


Les journées s’achèvent par les courses. Avec un minuscule frigo, on achète de la nourriture presque chaque jour. Nous aurons nos habitudes dans trois épiceries : le Carrefour, rue de Buci (100m); le Franprix, boulevard Saint-Germain (400m) ou encore le Monoprix, boulevard Saint-Michel (600m). Pour le pain et les croissants, nous alternons dans les boulangeries. 

Accros à quelques séries québécoises (dont Alertes, Dumas, les Armes, Indéfendable et Stat), on s’installe à la télé du mardi au vendredi vers 21 h afin de rattraper les émissions. Vive les VPN! 

Mercredi, nous avons vécu notre première journée entière de pluie. Malgré la grisaille, l’appart demeure très lumineux, avec ses trois grandes fenêtres qui vont du sol au plafond. Nous avons fait un excellent choix. 

Aujourd’hui, je rédige ces mots à la bibliothèque Sainte-Geneviève. Bien que ce soit la période des vacances, la salle Labrouste affiche complet. On y entre au compte-goutte : une seule admission en soixante-dix minutes. Pourtant, j'étais 7e en ligne. Impatients s’abstenir!

En onze années, j’ai perdu l’habitude de bloguer. 

Je retrouve mes repères avec une lenteur exaspérante : noter des idées et des observations dans le carnet Moleskine (toujours l’avoir sur moi); prendre des photos puis les ajuster; utiliser Powerpoint et sa fonction de concepteur afin d’effectuer des montages photos; réviser le texte; copier-coller. 

Il y a tant à découvrir, à raconter. 


24 février 2025

Une, deux, trois bibliothèques

Depuis l’enfance, les livres bercent mon imaginaire. À leur côté, je me sens bien, paré à découvrir le monde. Avant même que mes pieds ne foulent le sol d’un quelconque lieu, j’avais rendu visite à la bibliothèque municipale. Celle de ma ville d’enfance et d’adolescence, la bibliothèque Monique-Corriveau à Sainte-Foy. Puis celles de l’Université de Montréal, ou encore de notre ville d’adoption, Richelieu. Depuis 2018, celle de l’École nationale d’aérotechnique, affiliée au cégep Édouard-Montpetit s’est ajoutée.

Lorsque nous avons pris la décision de venir vivre ici quinze semaines, j’avais un objectif en tête : obtenir une carte d’abonné à la bibliothèque municipale de Paris. Avant notre départ, j’avais identifié celle du 6e : la bibliothèque André Malraux, sise au 112 rue de Rennes, à 1,2 km de l’appartement.

Mercredi 19 février, 48 heures après notre arrivée, j’y ressors avec une carte et sept livres : des guides touristiques et deux romans. La limite d’emprunt est fixée à 40 documents! Le réseau compte 57 bibliothèques de prêt et 15 bibliothèques patrimoniales et spécialisées. Je ne manquerai pas de lecture.

À chaque étage, le décompte des marches!

Paris regorge de bibliothèques historiques. À chaque séjour, je me répète : « un jour, je prendrai le temps de les visiter ».

L’une des plus nommées dans les palmarès est la bibliothèque Sainte-Geneviève, inaugurée le 4 février 1851. On y accède Place du Panthéon dans le Quartier latin. Je découvre que celle-ci, au double statut interuniversitaire  et  public, permet d’obtenir une carte gratuite, afin d’accéder à la salle de lecture pour y travailler.

Jeudi matin, j’effectue une préinscription en ligne et réserve un créneau d’inscription en début d’après-midi. 


Carte avec photo en main, je ressors faire la file pour accéder à la salle de lecture, qui compte 700 places. Pendant 75 minutes, j’ai tout le loisir d’observer les jeunes universitaires qui entrent et sortent en continu afin de prendre une pause. 


Installé à une table, j’y rédigerai le premier billet de blogue parisien, dans ce carnet Moleskine acheté le 30 janvier 2024, dans la boutique du même nom de la rue Saint-André des Arts, à quelques mètres de notre appartement. J’en ferai la transcription dans un document Word, avant de copier le tout sur Blogger en y ajoutant des photos.


Aujourd’hui, j’ajoute une troisième bibliothèque à mon palmarès. Je l’avais repérée dans mes recherches avant d’arriver. Nathalie et moi l’avons explorée samedi dernier, en visitant l’Institut de France, qui abrite l’Académie française (saviez-vous que depuis 2013, l’écrivain Dany Laferrière est l’un des immortels de l’Académie?).


La bibliothèque Mazarine, que je rejoins en 8 minutes à pied, a été  fondée en 1643. Sa salle de lecture (140 places) fut restaurée de 1968 à 1974. Elle perpétue le décor unique d'une grande bibliothèque du XVIIe siècle.


Installé à la place 71 depuis 10 h 30, je déroge à mon habitude d’écrire des billets à la main. Je navigue de Word à Chrome, à la découverte de l’histoire des lieux mentionnés. L’horloge vient de sonner 13 h. Ma curiosité légendaire, associée à ce lieu chargé d’histoire (je suis dans la plus ancienne bibliothèque publique de France) me fait perdre la notion du temps.

J’ai vécu notre première semaine à Paris sous le signe de la frénésie. La frénésie de l’installation à un nouvel endroit. Celle associée au passage bref dans une ville, où l’on veut tout découvrir dans le plus court laps de temps possible.

Me poser ici, au 23 quai de Conti, me permettra de souffler. De reprendre cette habitude perdue d’écrire. 

Nous sommes à Paris pour quatorze autres semaines. Laisse le temps couler CriCri. Il n’y a pas urgence. 

Cette carte annuelle payée 15 € constituera l’un de mes meilleurs investissements. 


21 février 2025

24 heures à Paris

Nous pensions ne pas partir, dimanche dernier, tant il neigeait sur le Québec. Mathieu a bravé la tempête pour nous reconduire à l’aéroport Montréal-Trudeau (YUL). Malgré la neige et la poudrerie, il nous laissait au débarcadère express du P4, toujours aussi désert (les gens ne réalisent pas à quel point ils peuvent gagner du temps en s’y rendant). À peine plus que le temps normal requis.



Embarquement à 21 h 15 (prévu à 19 h), attente de deux heures dans l’avion avant le poussage (chariot bagages pris dans la neige, ce qui empêchait de les charger à bord), puis dégivrage. Au final, décollage vers l’heure limite permise, minuit neuf. 



La tempête a généré des turbulences à plusieurs reprises pendant le vol. À 12 h 33, le Airbus A-330 d’Air Transat touchait le sol et se dirigeait vers le minuscule Terminal 3. 

Passage à la douane, récupération des valises (soupir de soulagement) et marche vers la gare. RER B jusqu’à la gare du Nord puis correspondance sur la ligne 4 du métro (vive les travaux de rénovation du RER). Vers 14 h 30, nous prenions possession de notre appartement, dans le quartier de la Monnaie, dans le 6e. 

Le cerveau tourne au ralenti, après un maigre trois heures de sommeil jumelé au stress. Afin de l’activer, nous faisons un peu de ménage et rangeons nos effets personnels. L’appart correspond en tout point à ce que nous avons vu sur le site de l’agence Paris Attitude. 

La cuisine est minuscule. En écartant les bras, Nathalie touche aux deux murs. Un bébé naissant n’entrerait même pas dans le lavabo. Et que dire du frigo : les Nord-Américains qui ont un aménagement de terrasse extérieure avec cuisine en possèdent un plus gros pour tenir leurs consommations favorites au frais!

La pièce principale, qui compte un divan deux places et une table en bois avec trois fauteuils, possède un plafond de 10 pieds. Trois fenêtres orientées au sud laissent la lumière entrer à profusion. Elles se dressent telle l’étrave d’un navire sur la place Buci : à gauche la rue Dauphine, à droite, la rue Mazarine, devant l’horizon et le ciel. Nous n’aurons pas l’impression de vivre enfermé, n’ayant pas de façade quelques mètres devant nos yeux.

La chambre, petite, compte une fenêtre à fenestrage double qui coupe très bien le son de la rue. 

À 21 h, nous dormions. Au diable l’alarme du matin. Les yeux s’ouvrent à 13 h, après 16 heures consécutives de sommeil. Une belle preuve que le matelas et la literie affichent le confort!


Je dévale les 89 marches de l’escalier de forme ovale et sort acheter des croissants chez Paul. Deux minutes de marche. L’épicerie Carrefour est à une minute. Tout est à proximité. Ça change des banlieues qui exigent de se déplacer en automobile.

Après une marche en fin de journée sur les iles Saint-Louis et de la Cité, nous soupons (heu, adapte-toi : ici, on dîne) au Café de Buci, situé au rez-de-chaussée de notre édifice. J’opte pour la traditionnelle bavette-frites, accompagné d’un verre de rouge.

L’aventure parisienne est officiellement lancée!


3 février 2025

Voir la Ville Lumière sous un autre jour

 

Paris, avec ses rues pavées, ses cafés et brasseries, ses monuments emblématiques, m'a toujours fasciné. Nous a toujours fascinés, Nathalie et moi. 

À chaque séjour, aussi bref soit-il, nous avons un rituel incontournable : nous installer sur l’une des chaises vertes du Jardin du Luxembourg. Là, avec un jambon beurre accompagné de vin rouge ou d’une bière, et un roman à la main, nous nous laissons bercer par les conversations des passants. Amoureux des livres, nous sommes irrésistiblement attirés par le Quartier latin et son voisin, Saint-Germain-des-Prés.



À l’aube de nos 35 années de vie commune, le temps est venu de réaliser ce rêve de vivre à Paris. Dans quatorze jours, nous nous installons dans le quartier de la Monnaie pour 15 semaines. 

Le besoin d’écrire se fait sentir, il est temps de laisser couler les mots qui m’habitent. Mon blogue, à l’abandon depuis 2017, passe de « christianauxjeux » à « cricriaparis ». Clin d’œil à ma jeunesse, quand je me faisais souvent appeler Cri-Cri. Clin d’œil à mes collègues au cégep Édouard-Montpetit et à l’École nationale d’aérotechnique qui me nomment parfois ainsi.

Je compte vous partager mes observations du quotidien à Paris et de ces escapades que nous prévoyons de faire en Europe.