Florence, Venise, Bologne, Imola… Ces noms font rêver. Pour certains, ce sont les arts, pour d’autres la gastronomie, l’histoire, la passion du sport, ou tout simplement la dolce vita. Pour moi, c’était un peu tout ça à la fois.
J’avais déjà mis les pieds à Florence et Venise, à l’été 1989, à la suite d’un stage de six semaines en Yougoslavie (dans ce qui est aujourd’hui la Slovénie). Un passage éclair. Depuis, l’Italie me faisait de l’œil. Il fallait que j’y retourne. Pour de vrai.
Du 14 au 23 mai, j’ai vécu dix jours d’émerveillement. Dix jours pour m’imprégner des sons, des saveurs et des couleurs de ce pays fascinant. En voici quelques éclats.
Bologne : l’élégance sous les portiques
Bologne, c’est la ville des portiques — plus de 62 km de galeries couvertes ! Le plus spectaculaire est sans doute celui qui mène au Sanctuaire de San Luca, tout en haut d’une colline.
Nous étions logés dans un quartier tranquille, où l’on découvre le soir ce que le jour cache : derrière les rideaux de fer, de petites trattorias s’animent à la tombée de la nuit. Des pâtes fabuleuses, du vin local, des gens chaleureux. Un pur bonheur pour CriCri l’observateur.
Imola : le rugissement des tifosi
Le week-end, direction Imola, sur le circuit Autodromo Internazionale Enzo e Dino Ferrari. Trois jours dans l’ambiance électrisante des tifosi — les fans de Ferrari. Mes journées commençaient par 2,5 km à pied jusqu’à la gare, un train, puis 2,5 km de plus jusqu’à l’entrée du circuit. Et on recommence au retour… avec des milliers d’amateurs entassés sur les quais !
Avec mon billet admission générale, j’ai exploré chaque recoin accessible, y compris les monuments à la mémoire de Gilles Villeneuve et Ayrton Senna. Le passage de Villeneuve chez Ferrari, au début des années 80, est encore si marquant qu’à Imola, des virages et des tribunes portent son nom. Comme un écho à nos virages Senna, à Montréal, au circuit Gilles-Villeneuve.
Florence : art, cuir… et tunnel à grande vitesse
Je croyais connaître la gare de Bologne. Erreur. Pour se rendre à Florence, il faut emprunter une gare souterraine réservée aux trains à grande vitesse. Le trajet ? Un tunnel de 78 km… franchi à 300 km/h ! Bluffant.
Florence est une ville-musée. Et aussi la capitale du cuir. Des dizaines de boutiques… et une mer de touristes. Trop, à mon goût. J’imagine à peine l’affluence en juillet. Si je retiens une chose de ce voyage, c’est de privilégier avril-mai ou octobre pour découvrir l’Europe sans la cohue.
Venise : entre rêve et réalité
Le 21 mai, nous arrivons à Venise, dans le quartier Cannaregio, à deux pas de la station de vaporetto San Marcuola. Une ruelle calme, à quelques mètres seulement de l’effervescente Rio Terà S. Leonardo.
Quel lieu fascinant, où chaque immeuble a littéralement les pieds dans l’eau. Mon cerveau crie « inondation ! », mais pour les Vénitiens, c’est juste… la vie. Les canaux sont partout, et tout s’y adapte : construction, recyclage, livraison, transport de passagers.Un conseil : sortez des sentiers battus. À Venise comme à Burano, les foules affluent toujours dans les mêmes directions. Lors de notre visite à Burano, à la sortie du vaporetto 12, nous avons bifurqué vers Mazzorbo, une île voisine, plus résidentielle, paisible. Une parenthèse inattendue dans la lagune.
Une Italie que je rêvais de vivre
Ces dix jours m’ont rappelé que les rêves de voyage méritent d’être vécus pleinement, pas seulement survolés. J’ai retrouvé des échos de mes souvenirs de 1989, croisé ceux de notre fille Roselyne, et surtout créé de nouvelles images à moi. Bruyantes, parfumées, ensoleillées.
Et la dolce vita, ce n’est pas qu’un cliché. C’est un rythme, une chaleur, une façon d’habiter le monde — que je n’oublierai pas de sitôt.

































