28 mai 2025

Dix jours en Italie : entre portiques, bolides et canaux

Florence, Venise, Bologne, Imola… Ces noms font rêver. Pour certains, ce sont les arts, pour d’autres la gastronomie, l’histoire, la passion du sport, ou tout simplement la dolce vita. Pour moi, c’était un peu tout ça à la fois.

J’avais déjà mis les pieds à Florence et Venise, à l’été 1989, à la suite d’un stage de six semaines en Yougoslavie (dans ce qui est aujourd’hui la Slovénie). Un passage éclair. Depuis, l’Italie me faisait de l’œil. Il fallait que j’y retourne. Pour de vrai.

Du 14 au 23 mai, j’ai vécu dix jours d’émerveillement. Dix jours pour m’imprégner des sons, des saveurs et des couleurs de ce pays fascinant. En voici quelques éclats.

Bologne : l’élégance sous les portiques

Bologne, c’est la ville des portiques — plus de 62 km de galeries couvertes ! Le plus spectaculaire est sans doute celui qui mène au Sanctuaire de San Luca, tout en haut d’une colline.

Nous étions logés dans un quartier tranquille, où l’on découvre le soir ce que le jour cache : derrière les rideaux de fer, de petites trattorias s’animent à la tombée de la nuit. Des pâtes fabuleuses, du vin local, des gens chaleureux. Un pur bonheur pour CriCri l’observateur.

Imola : le rugissement des tifosi

Le week-end, direction Imola, sur le circuit Autodromo Internazionale Enzo e Dino Ferrari. Trois jours dans l’ambiance électrisante des tifosi — les fans de Ferrari. Mes journées commençaient par 2,5 km à pied jusqu’à la gare, un train, puis 2,5 km de plus jusqu’à l’entrée du circuit. Et on recommence au retour… avec des milliers d’amateurs entassés sur les quais !


Avec mon billet admission générale, j’ai exploré chaque recoin accessible, y compris les monuments à la mémoire de Gilles Villeneuve et Ayrton Senna. Le passage de Villeneuve chez Ferrari, au début des années 80, est encore si marquant qu’à Imola, des virages et des tribunes portent son nom. Comme un écho à nos virages Senna, à Montréal, au circuit Gilles-Villeneuve.

Florence : art, cuir… et tunnel à grande vitesse

Je croyais connaître la gare de Bologne. Erreur. Pour se rendre à Florence, il faut emprunter une gare souterraine réservée aux trains à grande vitesse. Le trajet ? Un tunnel de 78 km… franchi à 300 km/h ! Bluffant.

Florence est une ville-musée. Et aussi la capitale du cuir. Des dizaines de boutiques… et une mer de touristes. Trop, à mon goût. J’imagine à peine l’affluence en juillet. Si je retiens une chose de ce voyage, c’est de privilégier avril-mai ou octobre pour découvrir l’Europe sans la cohue.

Venise : entre rêve et réalité

Le 21 mai, nous arrivons à Venise, dans le quartier Cannaregio, à deux pas de la station de vaporetto San Marcuola. Une ruelle calme, à quelques mètres seulement de l’effervescente Rio Terà S. Leonardo.

Quel lieu fascinant, où chaque immeuble a littéralement les pieds dans l’eau. Mon cerveau crie « inondation ! », mais pour les Vénitiens, c’est juste… la vie. Les canaux sont partout, et tout s’y adapte : construction, recyclage, livraison, transport de passagers.


Un conseil : sortez des sentiers battus. À Venise comme à Burano, les foules affluent toujours dans les mêmes directions. Lors de notre visite à Burano, à la sortie du vaporetto 12, nous avons bifurqué vers Mazzorbo, une île voisine, plus résidentielle, paisible. Une parenthèse inattendue dans la lagune.

Une Italie que je rêvais de vivre

Ces dix jours m’ont rappelé que les rêves de voyage méritent d’être vécus pleinement, pas seulement survolés. J’ai retrouvé des échos de mes souvenirs de 1989, croisé ceux de notre fille Roselyne, et surtout créé de nouvelles images à moi. Bruyantes, parfumées, ensoleillées.

Et la dolce vita, ce n’est pas qu’un cliché. C’est un rythme, une chaleur, une façon d’habiter le monde — que je n’oublierai pas de sitôt.

Arriverderci Italia !


5 mai 2025

Les cigognes d’Alsace

J’écris ce billet de l’appartement, en ce beau lundi frais de mai (16 °C). La semaine dernière, la France a connu un épisode de grande chaleur : le mercure a frôlé les 30 degrés plusieurs journées. Beaucoup trop chaud pour nounours CriCri, qui se croyait déjà à la fin juillet au Québec.

En ce moment, ma sœur Véronique et sa fille Laurence roulent sur l’autoroute 20 en direction de Montréal. Elles nous retrouveront demain matin pour passer les huit prochains jours avec nous. J’ai hâte de leur faire découvrir cette Ville Lumière que Nathalie et moi aimons tant.

Je ne peux m’empêcher de penser que dans quatre lundis, je serai dans la salle d’attente chez Park Avenue Toyota, à Brossard, pour le passage aux pneus d’été. Ce sera alors le moment de réfléchir à ces quinze semaines passées en Europe : la plus longue période de ma vie loin de la maison depuis l’été 1989.

La semaine dernière, nous avons passé deux nuits à Strasbourg, dans le quartier de la Grande-Île. Depuis qu’André Desjardins, un ami de HEC Montréal, y avait fait son échange universitaire au début des années 90 (l’un des tout premiers !), je rêvais de découvrir l’Eurométropole.

5 mai - Les photos viendront plus tard, parce que l'internet à l'appart fonctionne au ralenti. En tant normal, je les télécharge du iPhone à OneDrive à la Bibliothèque Mazarine, qui a un internet haute vitesse digne de ce nom. Samedi dernier, une brève tempête de grêle y a causé des dommages. La bibliothèque est fermée aujourd'hui pour travaux d'urgence.

Passer de la Bretagne, à Paris puis à l’Alsace en quelques jours dépayse complètement. Ici, la cigogne et les pretzels règnent dans les boutiques souvenirs... sans oublier les décorations de Noël ! J’ai d’ailleurs trouvé l’un de mes premiers projets de retraite : venir travailler dans une cabane à sucre québécoise lors du Marché de Noël alsacien !


Nos pieds n’ont pas chômé. Mercredi matin, nous avons gravi les 330 marches menant à la plateforme de la Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg. De là, vue époustouflante sur la ville, les Vosges à l’ouest et la Forêt-Noire à l’est. La flèche, construite à partir de 1419, coupe le souffle. L’humain, lorsqu’il s’y met, peut réaliser de grandes choses !


En après-midi, le train nous a menés à Colmar, troisième commune d’importance en Alsace après Strasbourg et Mulhouse. Je tenais à voir la Petite Venise, avant de découvrir la véritable Venise du 21 au 23 mai.

Jeudi, j’ai convaincu Nathalie de me suivre jusqu’au Jardin des Deux Rives, situé sur le Rhin. Après avoir laissé nos sacs à dos en consigne à la gare, nous avons marché six kilomètres sous une chaleur accablante. Nous comptions revenir en tramway, mais imaginez donc : en ce 1er mai, fête du Travail, le transport en commun était lui aussi en congé !


Nous avons finalement déniché un restaurant à Kehl, en Allemagne, pour luncher avant de reprendre le chemin inverse. Pendant quelques instants, j’ai eu un pied en France et un pied en Allemagne, au-dessus du mythique Rhin. Aucune indication de frontière. Trump et ses semblables, qui veulent dresser des murs, se trompent : nous sommes tous humains, et nous devons nous rassembler et vivre en harmonie. Tous ceux et celles qui ont volé dans l’espace vous le diront : vus d’en haut, nous sommes liés.

Mon grand ami Donald avait visité l’Alsace il y a quelques années. J’avais été impressionné par ses photos de nids de cigognes. Nous avons eu la chance d’en voir nous aussi, en vol et perchés sur les édifices. Encore mieux : observer des cygnes en train de couver leurs œufs! Pour moi, les cygnes peuplaient les étangs des villes et ne volaient pas. En voir en liberté et en vol en Suisse et en Alsace constitue l'un des beaux souvenirs de ce périple.

Plus que 26 jours à vivre en Europe. Cette semaine, je réaliserai un autre rêve : visiter le Château de Versailles et ses jardins. Lundi prochain, le 12, nous louerons une voiture pour nous rendre à la Maison et aux jardins de Claude Monet à Giverny. Sur le chemin du retour, je compte bien tourner autour de l’Arc de Triomphe !

La semaine suivante, un Airbus A220 (conçu et assemblé au Québec) d’Air France nous mènera à Bologne. Du 16 au 18, je vivrai à fond ma passion pour la Formule 1 au circuit d’Imola. Ensuite, Trenitalia nous transportera vers Florence, puis Venise.

À Padoue, je compte rendre hommage à Saint-Antoine-de-Padoue, lors de notre séjour en Vénétie.

Il est bien possible que ce billet soit le dernier publié avant notre retour. Les jours qui viennent seront entièrement consacrés à vivre pleinement ce voyage d’une vie.

Je poursuivrai l’aventure de l’écriture dès mon retour au Québec.